
Textes de réflexion, Points de vue, Polémiques etc… Tous les textes de Christian Siloé (réflexions, articles pour la presse, lettres à des particuliers ou à des institutions, etc.) sont des œuvres de l’esprit qui ne peuvent être dissociées de l’œuvre générale de l’auteur. La reproduction ne peut en être autorisée que sur accord écrit de l’auteur. Comme pour le recadrage de ses photographies, les coupures de ses textes sont soumises à son accord écrit. En France, au début des années 80, l’époque était pleine d’illusions pour des artistes qui croyaient avoir enfin trouver un ministre qui les écoutait. L’argent était partout et la presse rendait compte de toutes ces créations qui n’auraient pu se faire sans le soutien d’un Ministère de la Culture enfin intelligent ! Pourtant, le vide immense, laissé par la disparition de Matisse et Picasso, était en train de nous renvoyer très loin en arrière. Les vieilles théories d’un certain Marcel Duchamp occupaient maintenant toutes les réflexions de la presse spécialisée dans les beaux-arts. Ceux qui se réclamaient de ce passé, réussissaient le tour de force d’apparaître comme les champions de l’avant-garde. Où en sommes-nous trente ans après ? Les bouleversements imposés par la mondialisation, le réchauffement climatique et le fossé toujours plus grand qui sépare les riches et les pauvres, ont modifié profondément l’état du monde et donc notre façon de penser. Les enjeux du 21 ème siècle n’ont plus rien de commun avec ceux des années quatre-vingt... et les « avant-garde » campent sur leur position ! Comme artiste, je ne peux échapper à l’interrogation sur le sens de mon travail. Quelles œuvres je veux réaliser, pour quelle société et quels partenaires sont près à me suivre ? Le luxe c’est eux Mon travail au cœur des quartiers populaires de France Le thème de la photographie de famille s’est imposé à moi comme sujet de réflexion et motif photographique en 1986 après la lecture du livre d’Elisabeth BADINTER « L’amour en plus ». J’ai commencé les prises de vue chez des particuliers à qui je demandais de bien vouloir poser pour moi. Mais c’est à la faveur d’un programme d’action de Développement Social des Quartiers réalisé par une troupe de théâtre en 1992 à Nétreville (Evreux) que mon projet a pris une orientation et une dimension décisives. Mes premiers contacts avec une DRAC (Direction régionale à l’action culturelle) remontaient à 1984 et pour la première fois le Ministère de la Culture participait à un projet dans lequel je me trouvais. Cette opération me donnait l’opportunité de rencontrer et de photographier 400 personnes en quelques mois. Cette expérience s’est révélée riche d’enseignements. Se voyant attribuer un rôle d’acteur, au sens plein du terme, les habitants de ce quartier se trouvaient valorisés. A l’évidence, ces photographies leur redonnaient l’estime d’eux-mêmes et c’est tout le quartier qui se fédérait dans cette action. Au-delà du plaisir suscité par un événement ludique, les habitants mesuraient l’enjeu que représente l’exposition et ils avaient conscience d’être partie prenante d’un processus artistique et culturel. Malheureusement, aucun responsable de la DRAC ne trouva le temps d’évaluer la portée de ce travail sur le terrain. A la même époque je découvrais les grottes préhistoriques du Pech-Merle dans le Lot et j’ai acquis à ce moment la conviction que l’artiste qui recherche seulement la nouveauté dans son oeuvre fait fausse route. La naissance de l’art et mon travail dans les quartiers devenaient mes deux principaux sujets de travail. Depuis dix ans, en France, la politique culturelle ne faisait plus l’objet de véritables regards critiques. Le budget du Ministère de la Culture avait explosé dans l’admiration générale des intellectuels mais - aveuglé par cette vision comptable - personne ne semblait remarquer que plus rien ne semblait possible pour un artiste qui privilégiait la poésie au discours. La notion de nouveauté s’était imposée comme critère unique d’appréciation de l’œuvre d’art. Au cœur de cette idéologie, les critiques et les galeries ne semblaient retenir que les représentations de corps malades, décharnés ou brisés. Une représentation de la vie, à l’inverse de l’expression publicitaire, mais tout aussi réductrice et qui s’attaque en fait à l’humanité même de l’homme. Entre 1993 et 1998 tous mes projets dans les quartiers ont à nouveau été rejetés au moment de leur évaluation dans les DRAC. Ainsi, le Directeur de l’une d’entres elles, m’a écrit : « Votre dossier Photos de Famille a reçu un avis négatif des conseillers Arts plastiques et Action culturelle. Votre travail en effet, relève de la prise de vue. Il n’est pas non plus novateur sur le plan de l’histoire des formes contemporaines ». Oui mon projet est de l’ordre de la prise de vue. L’accès à la culture est un droit fondamental et je pense que je peux apprendre aux gens à se regarder, à se connaître et à se reconnaître avec mon travail. C’est avec mes prises de vue que je touche la sensibilité des habitants et les révèle à eux-mêmes et aux autres, c’est la fonction première de l’artiste. Quant à l’histoire des formes, depuis la nuit des temps l’homme recherche la nouveauté et le changement, c’est une constante de l’esprit humain. Depuis les premiers cro-magnons les œuvres qui habitent les grottes ornées nous rappellent que la nouveauté dans l’art est de l’ordre de l’anecdote et leur contemplation exigent de nous plus de modestie. Cette vieille idéologie de la modernité est redoutable, ceux qui la proclament confondent celle-ci avec le progrès, ils ont peur de leur propre sensibilité, ils réduisent l’œuvre de l’artiste à une mode ou une performance sportive. Quand ils sont à bout d’arguments, ils transforment les débats d’idées en conflits de personnes. Dans ma région, ceux qui exigent la liberté obligatoire pour les créateurs négligent ce qui n’est pas conforme à leur idéologie et imposent leur législation. J’ai déjà photographié en studio plus de neuf mille personnes dans différentes villes et je suis le photographe qui - en France - a consacré le plus de temps et de travail à la photo de famille. Pourtant, lorsque le Pôle image de Normandie organisait dans ma propre région une exposition collective sur ce thème, mes photographies n’y figuraient pas. Des conservateurs de musée, des directeurs culturels qui s’intéressaient à mes photographies devenaient brusquement indifférents à celles-ci quand les projets avançaient et que l’avis de la DRAC allait être formulé. Au cœur du Pays d’Ouche dans les plus petits collèges, les enseignants qui ont souhaité travailler avec moi en ont été dissuadés par ces champions de la nouveauté. Tous les artistes de toutes les époques ont connu des situations semblables. J’ai eu aussi la chance de trouver, comme eux, des partenaires qui ont choisi de me faire confiance. Je n’oublie pas ces rares personnes ou institutions qui ont sauvé une partie de mon œuvre en me permettant de survivre et de travailler. J’ai ainsi reçu jusqu’en mars 1998, le soutien indéfectible de la Région de Haute-Normandie pendant douze ans. Depuis 1993, ma démarche reçoit le soutien de la DIV. Et enfin, en 1998, en Région Champagne-Ardenne et en l’absence du Conseiller pour les Arts Plastiques dont le poste était à ce moment heureusement vacant, mon projet concernant la ville de Troyes a été accepté par le Ministère de la Culture. Depuis cette date, je n’ai pas cessé de travailler sur ce thème et l’ANRU est aussi un partenaire fidél. A l’aube du 21 eme siècle une question fondamentale se pose à tous : «Voulons-nous encore vivre ensemble et comment ? » L’artiste ne peut échapper à cette interrogation. Quelles œuvres veut-il réaliser et pour quelle société ? Doit-il sans cesse proposer des formes nouvelles au risque de ne plus rien nous apprendre sur la souffrance ou le bonheur de vivre et plus rien sur nous-mêmes ? Doit-il sans cesse désobéir jusqu’à l’obligeance, comme le lui demande le Ministère de la Culture ? Doit-il sans cesse se plier aux exigences d’un art international qui a ravalé les artistes français dans un rôle de figurant ? L’on me dit que l’on ne fait pas d’œuvre avec de bons sentiments, mais l’intelligence n’est rien quand le cœur lui manque ! Flaubert ou Diane Arbus ont fait scandale, parce qu’ils étaient en prise directe avec le monde et la réalité. Ces auteurs ont transgressé l’ordre établi pour rétablir l’œuvre d’art dans sa nature profonde. Chez eux, la part de l’ombre est sujet d’observation, de dénonciation ou de fascination, mais elle n’est jamais sujet de complaisance. Aujourd’hui, puisque tout est permis pour les artistes, ne devons-nous pas comprendre qu’il peut y avoir une autre révolution dans les arts ? La société n’a-t-elle pas maintenant besoin d’œuvres capables de nous réunir ? La France a inventé les droits de l’homme, pour retrouver la place qui est la sienne, ne peut-elle pas revendiquer ses artistes dans ce qui exprime le mieux le génie de notre nation ? L’unité de mesure permettant de juger la qualité d’une œuvre d’art n’est pas la nouveauté. Sous cette « toise » les enjeux artistiques sont devenus des enjeux de courses de chevaux. Personne ne peut prétendre savoir quelles œuvres construites aujourd’hui auront demain de l’importance. Ce qui m’importe, c’est de faire une œuvre qui nous révèle ce que l’autre ne peut voir. L’autre c’est mon semblable, mon frère, ce que je vois lui appartient aussi. Dans mon travail sur la ville et la famille, je veux simplement contribuer à rappeler que chacun d’entre nous mérite d’être regardé comme un individu d’exception. Seul l’homme et sa capacité à vivre avec l’autre m’intéressent. L’autre, c’est vous et moi, c’est le voisin de palier ou le commerçant du quartier. Pour cette raison, les gens modestes représentent naturellement l’essentiel de ceux que je photographie parce qu’ils sont les plus nombreux, mais je ne vise pas un public particulier. Quand un artiste vise un public, il renonce déjà à faire une oeuvre d’art pour faire du culturel. Je m’adresse à l’ensemble du public et j’ai d’autres ambitions que de faire une œuvre pour l’histoire de l’art, c’est le présent qui m’importe. Quand je suis dans un quartier, tout le monde vient, toutes les générations, l’ingénieur comme la femme de ménage. J’ai ainsi chaque jour le bonheur de toucher et de fédérer avec mon travail des publics qui - pour l’essentiel - ne fréquentent ni les musées ni les théâtres. C’est cela qui me bouleverse et la photographie est pour moi un formidable outil pour obtenir ce résultat. Peu m’importe qu’elle soit regardée comme un document d’information ou une oeuvre. Je n’arrache pas une photographie à celui qui vient prendre la pose, je ne me bats pas avec lui. Nous établissons un échange où chacun va donner le meilleur de lui-même. C'est le sens de mon travail, je n’invente rien, je découvre. Mise à jour au 20 08 07 Photographie et Art Quel avenir pour l’une et l’autre ?! Texte publié en page tribune dans le numéro daté décembre 2007 du magazine réponsesPhoto La photographie est désormais reconnue par l’institution culturelle comme un art majeur. Sur ce sujet, le débat est clos et un regard rapide peut nous laisser penser que l’image fixe a trouvé toute la place et toute la reconnaissance qu’elle mérite dans les musées et les innombrables lieux consacrés à sa promotion. Mais, toute la place pour quels genres photographiques ? Toute la reconnaissance, pour quels types de photographes ? Depuis quarante ans en France, au nom de la démocratisation culturelle, les budgets consacrés à la culture ont permis la création de multiples lieux de diffusion pour la photographie. Pourtant, l’institution semble toujours courir après des exigences qui n’ont pas grand chose à voir avec les valeurs revendiquées dans ses discours. Ceux qui décident des orientations culturelles ont ainsi réussi le tour de force de faire croire à un public - et aux élus qui tiennent le cordon de la bourse - que la post-modernité est un synonyme du mot progrès. Ainsi, une idéologie développée par Marcel Duchamp et vieille de plus d’un siècle sert encore de toise pour mesurer la valeur des œuvres actuelles. Avec ce fonctionnement, les photographes qui s’obstinent à traduire dans leurs œuvres des valeurs poétiques ou simplement humanistes sont impitoyablement ringardisés, méprisés et éliminés des lieux d’expositions. La diversité culturelle n’est pas respectée et la rigueur avec laquelle le photographe travaille n’est jamais prise en compte dans l’évaluation de son œuvre. Seul le photographe qui sait inscrire sa démarche dans les exigences institutionnelles a une petite chance d’être montré. Pourtant, avec ce mode d’administration des artistes français, la France ne représente plus grand chose dans les grands musées internationaux. Quant aux publics, ce n’est évidemment pas ceux qui ont le plus besoin de culture qui ont profité de ce fonctionnement. Au 19 me siècle, en faisant la promotion d’immenses tableaux, l’Académie pensait déjà avoir trouvé un bon moyen d’imposer son hégémonie sur les artistes. Les impressionnistes en réponse, ont décidé de privilégier le petit format dans la peinture. Par ce geste, ils s’adressaient à un nouveau public et à de nouveaux collectionneurs. Ils s’affranchissaient aussi des lourdes obligations financières que la réalisation de grandes toiles impliquait. Aujourd’hui, la photographie connaît depuis dix ans une révolution technologique magnifique. Mais le gigantisme des tirages qu’elle permet et que l’institution exige maintenant des photographes, n’est qu’une anecdote qui n’a rien à voir avec la qualité de l’œuvre elle-même. Les photographes, qui refusent le confort intellectuel, peuvent eux aussi proposer une révolution de l’esprit tout en utilisant les possibilités offertes par les nouvelles technologies, pour se libérer et non se rendre esclaves ! Aujourd’hui, il faut cesser de prendre pour seule vérité de vieilles démarches artistiques mises en avant depuis quarante ans, mais qui forcent le spectateur à rencontrer les « œuvres » à coup de scandale et de pétards mouillés ! Le vrai succès se forge dans la lenteur, il ne vient pas des calculs de l’artiste, il vient de la rencontre d’une œuvre avec le public. La poésie, la recherche de la beauté et l’expression de valeurs humanistes dans une œuvre ne sont ni ringards ni dépassés, ils sont au cœur des besoins de notre société. Ils sont des moyens possibles pour lutter contre la lente déshumanisation de notre époque. Ils sont l’avenir de l’art de la photographie ! Christian Siloé Septembre 2007 à Conches. Les Clefs pour Voir ! L’image fantastique est à l’origine de ma vocation photographique. Je pratique la technique du photomontage avec le procédé argentique depuis 1971. Le numérique est devenu depuis un formidable outil supplémentaire. Cependant, son usage ne change rien à la qualité intrinsèque d’une image. Je crois à la vie des formes, elles nous sont communes et nous réunissent. L'artiste, avant d’en être l’auteur, en est le médium. Quand je regarde l’une de mes images non retouchée en laboratoire ou sur l’écran, je m’en imprègne et arrive le moment où celle-ci s’anime pour moi d’une autre vie. Ce qui « doit » être ajouté, transformé ou enlevé s’impose comme une évidence. Il n’y a ni règle précise, ni processus à décrire. Je ne peux expliquer cela. La nature bouleversée par la modernité est au cœur des œuvres présentées ici. Que va-t-il advenir des recherches sur le clonage, des recherches sur les aliments transgéniques ? Que va-t-il advenir des changements climatiques que la modernité a mis en marche au nom de valeurs que nos sociétés persistent à promouvoir ? Tout reste possible, mais qui de Morgane ou de Merlin va triompher ? François Mauriac écrivait que le gémissement du vent n’est émouvant que parce qu’il est humain. Seul l’homme m’intéresse ! Christian Siloé Le 25 mai 2007 Les Nus "Des deux Mères" ou la naissance de l’écriture extrait du texte rédigé pour l’exposition présentée en avril et mai 2003 à a biennale internationale de l’image de Nancy En 1987, je découvrais les grottes préhistoriques du Pech-Merle dans le Lot, les signes anthropomorphes devinrent le support de nouvelles recherches sur le nu et sur les animaux. Jean-Claude Lemagny m’a encouragé dans cette voie et la Région de Haute-Normandie a soutenu mon travail jusqu’en mars 1998. Les photographies présentées ici sont réalisées en lumière artificielle et les taches de lumières sont pour l'essentiel créées à partir des signes qui habitent les grottes ornées. Les grottes ornées sont les plus anciens lieux de mémoire de l'homme et ce travail est un dialogue avec nos lointains ancêtres et la naissance de l’écriture. Je crois à la vie des formes, elles nous sont communes et nous réunissent. L'artiste avant d’en être l’auteur en est le médium. Parfois une retouche numérique contribue à ajouter un nouveau trouble aux images. Tout doit être tenté, toute technique maîtrisée est pour moi une libération et un bonheur. Deux mères nous habitent. Celle qui nous enfante comme les louves ou les brebis et celle qui nous donne la conscience et les libres choix. Vercors écrit dans " Les animaux dénaturés " : " Nous sommes si profondément solidaires de l'espèce humaine, que ce qu'elle pense, nous ne pouvons nous empêcher de le penser avec elle... Nous ne sommes pas libres de penser autrement, puisque ce qu'elle décidera, c'est ce que je suis, ce que tu es, ce que nous sommes tous ensemble ". Je n'aurais pu réaliser ces images sans la présence, à mes côtés, de ceux qui ont peuplé les grottes de grands animaux, de Vénus gravides ou de jeunes filles délicates, de créatures et de signes mystérieux et vivants. Leur esprit a présidé à la mise en scène de ces photographies qui n'illustrent ou n'enregistrent aucun évènement, aucun récit, aucune histoire. Elles n'expriment pas le temps qui passe. Elles sont la lumière des ombres. Christian Siloé 04 avril 2003 mise à jour : oct 2006 Quelle politique pour le droit d’exposition ? texte publié dans « La Photographie à l’Ouest » guide des lieux et manifestations dans le grand ouest 2007/2008 Autrefois, les Beaux-Arts étaient fréquentés par des enfants de bourgeois en rupture avec leur famille. Aujourd’hui, ces mêmes écoles sont toujours fréquentées par ces mêmes enfants, mais ces derniers sont en accord avec leur famille et avec les valeurs qu’elles défendent. Les exigences de nouveauté imposées par notre société libérale et la reproduction méthodique des lieux d’exposition qui soutiennent cette idéologie, ont eu pour première conséquence d’affaiblir les artistes en les multipliant. Seul l’artiste, qui accepte « de jouer le jeu de la marchandisation de l’art », peut espérer rencontrer la considération de ce réseau culturel et l’argent qui va avec. Pour celui-ci il n’y a pas de problème de droit d’exposition jusqu’au moment où il sort lui aussi de la mode du jour. Ce système a été mis à mal par l’effondrement du marché de l’art survenu en 1992. Il a alors exigé du fonctionnement institutionnel plus de brutalité encore. Pour « durer » il a fait adopter par l’institution une stratégie de mystification des élus, des enseignants et de tous ceux qui - de bonne fois – pensent soutenir la variété de la création au centre de ses réseaux. Pour prospérer sur le marché de l’art, le label du Ministère de la Culture est un garant. Il rassure ces « grands » acheteurs qui, à défaut d’avoir une opinion et des choix personnels, ont beaucoup d’argent. Pour être certain de l’obtenir, il est nécessaire de rendre invisibles les créateurs qui travaillent sur d’autres valeurs que celles que ce marché impose. Les Artistes qui défendent un certain savoir-faire et la notion de beauté qui l’accompagne toujours, qui défendent les valeurs poétiques ou le simple humanisme, sont aujourd’hui impitoyablement « ringardisés » et ignorés par l’institution. Cela vaut depuis la fin des années quatre-vingts et pour ceux-la, les droits d’exposition sont plus rares encore qu’ils ne l’étaient avant 1981. C’est l’époque qui permet cela et c’est le plus souvent avec l’argent public et au nom de la liberté de création qu’elle développe cette idéologie réductrice et liberticide dans le réseau culturel. Aujourd’hui au Palais de Tokyo, les enfants ont le droit ( ou l’obligation ?) de voir avec leur école, des fleurs fabriquées avec des tranches de jambon pourri. C’est notre ministre de la culture qui leur offre cela et la télévision publique qui en fait la réclame. Est-ce au nom des valeurs de notre république ? Pourquoi n’ont- ils pas le droit de voir aussi d’autres œuvres ? La vie se résume t-elle à un simple morceau de viande avariée ? Les Artistes qui ont de l’ambition ont toujours le choix possible de dire non. Les hommes et femmes politiques peuvent enfin décider de les entendre. A chaque fois que l’argent public entre en jeu, nous devons reformuler votre question : Les droits d’expositions, pour qui ? Les droits d’expositions pour quoi faire ? Christian Siloé février 2007 Livres à lire : Les mirages de l’Art contemporain de Christine Sourgins. La fabrication des élites de Nathalie Heinich.
15 mai 2008
Modernité et confort intellectuel.
Christian SiloéL’énergie qui se dégage de mes photographies est l’expression de la rencontre avec l’autre. Je peux ainsi donner du luxe et ce luxe c’est eux.
Christian Siloé le 01 11 01
Mes Photographies fantastiques
